Conférence
Stoppauvreté/ChristNet 3.10.2009
Atelier 5 « Consommer
juste, consommer moins »

Pour une veste de
Northface qui coûte chez nous Fr. 176.-, la couturière
reçoit exactement 1 franc.[1]
– La majorité de la population mondiale qui souffre de
la faim est constituée de paysans. – Notre
surconsommation, notamment de produits avec un long trajet
d’acheminement, contribue à la dégradation de
notre environnement.
Ceci est le miroir
des réalités par trop injustes de notre société
actuelle, lesquelles sont le thème de notre atelier
d’aujourd’hui.
1. Consommer juste et
moins. Tout un programme !
Eric Divernois,
assistant social
Nous
autres en Occident vivons dans le surplus: une consommation débridée,
qui justifie une production excessive et qui ne se soucie guère
des ressources limitées de notre planète. Etant donné
que cet aspect économique de la crise environnementale revêt
aussi une dimension morale, notre foi est foncièrement à
même d’apporter des solutions à ces problèmes.
Un concept
important se trouvant dans la Bible est la recherche de la justice
dans notre relation à Dieu, aux autres et au reste de la
création. Cette quête débute au pied de la
croix ; suivre Jésus signifie prendre sur soi sa croix et
cela ne va pas sans une notion de restriction personnelle. Le passage
de la notion « d’avoir » à celle
« d’être » exige un sacrifice et
une redéfinition de nos désirs. En effet, ces désirs
sont, en soi, un don de Dieu mais ils sont déviés par
nos péchés et ces désirs sont invariablement
orientés des choses éphémères. Jésus
parle de cela dans les « Béatitudes »
lorsqu’il évoque « la faim et la soif de
justice ».[2]
Un tel changement
d’attitude de tout un chacun revêt un caractère
d’urgence. Les nouvelles technologies vertes sont, en soi, très
utiles, mais à elles seules, elles ne suffisent pas ; car
elles ne changent pas notre comportement de surconsommation. En tant
que disciples de Jésus, nous aspirons à la justice, à
sortir de notre nid douillet de chrétien; à accepter
des changements douloureux et, aussi à nous préparer à
des confrontations avec la société.
2. Injustice et
justice dans notre consommation
Elisabeth
Hardmeier, enseignante en musicologie
Puis-je
agir en tant qu’individu, lorsque je remets en question ma
façon de consommer? Oui, il est tout à fait possible à
travers les décisions d’achats, de promouvoir une plus
grande justice. Une possibilité consiste à acheter des
produits issus du commerce équitable (par exemple : le
café ou les vêtements). Les entreprises participantes
garantissent aux producteurs des prix leur permettant une existence
digne et le respect de normes sociales.
Par ailleurs il est
à conseiller lors de l’achat de denrées
alimentaires ou de textiles (coton) de veiller à ce qu’ils
proviennent de cultures biologiques. Ce genre de cultures ménage
les ressources naturelles et également la santé des
agriculteurs des régions du sud.
Celui qui
privilégie les produits régionaux se fait aussi du
bien, il économise de l’argent tout en dispensant sa
contribution pour un développement sain aussi bien pour
l’agriculture du propre pays que pour les agriculteurs du sud
(ainsi les paysans y obtiennent des terres cultivables pour leurs
propres besoins). Tout cela implique toutefois de savoir limiter sa
liste d’achats; mais le plaisir de consommer est accentué
lorsque l’on consomme en leur saison des fruits suisses
longtemps attendus.
D’autres
alternatives pour contribuer à un environnement sain existent
dans les domaines de l’entretien de la maison, de l’énergie
et des transports.
3. Commerce équitable
ou renonciation ?Prise de position
Peter Weidmann,
responsable de Teartrade
Devons
nous désormais consommer d’une manière plus juste
ou consommer moins ? Nous devons faire l’un sans pour autant
négliger l’autre. D’une part, la surconsommation
contribue à la dégradation de notre environnement et
renforce des structures commerciales injustes, c’est pourquoi
cette surconsommation doit être réduite. D’autre
part, il serait irresponsable de laisser l’argent que nous
possédons dormir inutilement sous nos matelas. Afin d’ouvrir
la voie de l’indépendance aux plus pauvres, nos propres
restrictions et nos offrandes ne suffiront pas. Seuls les achats de
produits mais aussi nos investissements pécuniaires pour les
pays les plus pauvres (mot-clé: microcrédit) permettent
l’instauration d’une économie locale solidement
ancrée.
Compte-rendu :
Martin Züllig et Samuel Ninck-Lehmann