
Quantité de
mesures, effectuées au cours des cent dernières années et aux quatre coins du
globe, nous renvoient l?image d?une Terre qui se réchauffe. Depuis la fin du
XIXème siècle, la température moyenne a augmenté de 0,74 [0,56 à
0,92]°C[1]. De plus, la vitesse moyenne du
réchauffement au cours des cinquante dernières années (0,13°C [0,10°C à 0,16°C]
par décennie) a pratiquement doublé par rapport à celle des cent dernières
années. Notons que l?augmentation de température observée est plus marquée dans
l?hémisphère Nord que dans l?hémisphère Sud. Il faut cependant se rendre compte
que lorsque les scientifiques parlent de température moyenne globale, cela signifie
que l?on trouvera des régions où les variations de température observées seront
en dessous et d?autres où les variations seront en dessus de la moyenne
globale. Dans le même ordre d?idée, il est également normal de trouver des
régions où les changements de température ont été très importants. Par exemple,
des mesures effectuées en Suisse au cours des ces trente dernières années
montrent une augmentation de température de 1,5 degrés Celsius depuis 1970,
soit une fois et demie la moyenne enregistrée sur les terres de l?hémisphère
Nord[2]. De la même manière, il n?est pas
surprenant de trouver des régions où la température moyenne s?est abaissée.
Différents
phénomènes liés à ce réchauffement ont été observés dans plusieurs régions du
globe[3]. L?évolution du climat est particulièrement visible dans les régions de
montagne où la température varie fortement selon les zones. Il est intéressant
de demander aux personnes âgées comment étaient la couverture neigeuse et les
températures « de leur temps ».
-
Mis à
part quelques exceptions comme l?Antarctique, une fonte rapide et générale des
glaciers a été observée partout sur la planète. Des changements importants ont
été observés par exemple dans de nombreuses régions de montagne, en Alaska, au
Groenland, dans l?Himalaya, ou encore en analysant les carottes de glace
arctique (échantillons). Les randonneurs auront pu constater d?eux-mêmes que la
taille de presque tous les glaciers alpins s?est réduite drastiquement au cours
de ces dernières années.[4]
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L?hiver
est devenu plus court, plus chaud et la couverture neigeuse a diminué dans
plusieurs régions du globe.
-
La
végétation alpestre a changé, s?accommodant à une température plus élevée.
-
Un
plus grand nombre d?événements météorologiques extrêmes ont été observés.
Cependant, il faut admettre que cette observation est quelque peu biaisée par
le fait que nous sommes rendus plus sensibles à ce genre d?événements de nos
jours en raison de l?intense couverture médiatique.
Il ne faut
cependant pas oublier qu?il est difficile de définir une température terrestre
globale et encore plus ardu de mesurer celle-ci de manière constante sur une
période de cent ans. Par exemple, des mesures faites à des endroits où le
paysage s?est considérablement modifié ne pourront pas être utilisées comme
telles dans des comparaisons. Il faudra décider jusqu?à quel point les données
récoltées sont fiables. Malgré ces difficultés, les membres de la communauté
scientifique spécialistes de ces questions, dont l?avis s?exprime à travers les
rapports de l?IPCC (Intergovernmental Panel on Climate Change ? Groupe
d?experts intergouvernemental sur l?évolution du climat GIEC), sont parvenus à
la conclusion que les changements de température observés sont une réalité et
qu?ils sont bien plus importants que ceux constatés au cours des derniers
millénaires.
Par le
biais de sa radiation ou plus simplement de sa lumière, le soleil transmet de
la chaleur à la Terre, permettant ainsi la présence de la vie. Cependant, une
grande partie de cette radiation solaire est réfléchie par la surface
terrestre. En tenant compte de ce seul effet, la température moyenne terrestre
serait à peine de 255 degrés Kelvin (-18 degrés Celsius). Heureusement pour
nous, la température moyenne est de 288 degrés Kelvin (+15 degrés Celsius).
Cette différence est due à la présence de certains gaz dans l?atmosphère. Ces
gaz, dits « à effet de serre », sont, pour ne citer que les
plus importants, la vapeur d?eau (les nuages), le gaz carbonique (CO2)
et le méthane (CH4). Les gaz à effet de serre ont cela de
particulier qu?ils laissent passer la lumière visible émise par soleil mais
capturent la lumière infrarouge créée après réflexion de la lumière solaire sur
la surface terrestre, permettant ainsi de réchauffer la Terre. Un équilibre
entre la lumière réfléchie et capturée finit par se mettre en place,
définissant ainsi une température moyenne globale propice à l?apparition de la
vie. C?est le fameux effet de serre. Cela explique pourquoi la température sur
Terre est d?environ 33 degrés Celsius plus élevée que celle calculée si l?on ne
prend pas en compte l?effet de serre.[5]
Source :
http://effetdeserre.canalblog.com (2008)
Il doit
donc y avoir, logiquement, une corrélation entre la concentration de gaz à
effet de serre et la température moyenne. Une augmentation de la concentration
en CO2 devrait résulter en une température moyenne globale plus
élevée. De telles corrélations ont été observées sur une période de plusieurs
milliers d?années en analysant entres autres les carottes glacières de
l?Antarctique et du Groenland.[6]
Les
scientifiques ont depuis longtemps remarqué que le climat sur Terre s?est
transformé sur plusieurs millions d?années, alternant des périodes de
glaciation et des périodes de réchauffement. De tels changements sont cependant
très lents dans la mesure où ils se déroulent sur des périodes de quelque
milliers d?années. Les changements climatiques d?origine naturelle sont causés
par une quantité de facteurs. Par exemple, certains effets semblent être
fortement corrélés avec les modifications cycliques de l?orbite terrestre. La
période d?un tel cycle est d?environ cinquante milliers d?années. Les
changements de température dus à cet effet sont estimés à 5 degrés Celsius tous
les 50 000 ans. Le changement de température le plus rapide lié à ce phénomène
et observé au cours de périodes de réchauffement serait de 0,15 à 0,2 degré par
siècle. Cela représente une évolution moindre par rapport au changement de plus
de 0,5 degré Celsius observé au cours de ces cinquante dernières années.[7]
De plus, au
cours des deux dernières décennies, le changement de température est allé en
s?accélérant. « Onze des douze
dernières années (1995?2006) figurent au palmarès des douze années les plus
chaudes depuis qu?on dispose d?enregistrements de la température de
surface »[8]. En se basant entre autres sur les
anneaux de croissance des arbres ou l?analyse des carottes glacières, on
remarque que des changements climatiques aussi rapides n?ont jamais été
observés au cours des derniers millénaires. Beaucoup ne sont pas près d?oublier
la chaleur exceptionnelle de l?été 2003 en Europe centrale, qui en a convaincu
plus d?un de la réalité de ces changements climatiques.
Les modèles
climatiques actuels prennent en compte de tels effets. En considérant de
multiples paramètres, presque tous les modèles climatiques sont en mesure de
décrire les changements de température observés. La manière de procéder pour
construire un modèle est fondamentalement toujours la même : Les paramètres
sont par exemple ajustés sur les observations faites durant une période allant
de 1900 à 1980. Des prédictions sont ensuite faites pour les années de 1980 à
2000 et la fiabilité du modèle est testée en comparant les prédictions avec les
observations faites de 1980 à 2000. Ces modèles permettent de varier plusieurs
paramètres afin de prendre en compte les fluctuations naturelles et celles
causées par la variation de la concentration de CO2 atmosphérique.
De cette manière, on arrive inévitablement à la conclusion que la seule manière
de décrire les changements de température observés ces dernières années est de
prendre en compte l?effet dû à l?élévation de la concentration de CO2.
Ces modèles climatiques permettent de décrire les aspects physiques du
changement de température global et plusieurs phénomènes régionaux tels que les
précipitations. Cependant, personne dans la communauté scientifique
n?affirmerait que de tels modèles pourraient être utilisés pour décrire tous
les effets climatiques régionaux.[9]
De grandes
quantités d?atomes de carbone sont liées dans les végétaux (biomasse) et dans
les combustibles fossiles (le pétrole, le gaz naturel et le charbon). Les
combustibles fossiles sont composés en majeure partie de biomasse fossilisée.
Cette biomasse a été produite et s?est accumulée au cours de centaines de
millions d?années. De nos jours, ces combustibles fossiles sont rapidement
brûlés, entraînant ainsi une émission de CO2 et d?énergie thermique.
Une fraction de cette énergie thermique est ensuite transformée en énergie
mécanique et électrique, consommée sans compter dans les pays industrialisés.
Les combustibles fossiles ont surtout été utilisés au cours des ces cinquante
dernières années, avec pour conséquence la disparition d?environ la moitié des
réserves de pétrole connues.[10]
Notons que
le mode de vie des pays industrialisés est directement dépendant de
l?utilisation des combustibles fossiles, et plus particulièrement du pétrole.
Compte tenu du fait qu?environ la moitié des réserves connues de pétrole ont
déjà été utilisées au cours des cinquante dernières années, il est naturel de
se demander combien de nouveaux gisements restent encore à découvrir. Il n?est
pas facile de donner une réponse univoque à cette question. Cependant, nombre
de géologues pensent qu?il ne reste plus beaucoup de gisements non exploités.
L?argument le plus convaincant est que les découvertes les plus importantes ont
été faites entre 1960 et 1970 et que depuis cette époque, le nombre de nouveaux
gisements découverts n?a fait que de diminuer,[11] et ce,malgré des recherches systématiques utilisant des techniques de
pointe aux quatre coins du globe.
Qui plus
est, des signes clairs indiquent que la production de pétrole mondiale a
désormais plus ou moins atteint un niveau maximum et que le monde va la voir
décliner, peut-être déjà durant la prochaine décennie. Notons encore que même
une découverte inespérée de nouveaux champs pétrolifères, à l?instar de ceux
trouvés en Arabie Saoudite, ne ferait que repousser cette échéance de quelques
années. Le déclin de la production mondiale de pétrole pourrait être, en
quelque sorte, le reflet de l?augmentation observée au cours des 30 dernières
années.[12] Beaucoup de mises en garde à propos de ce choc pétrolier à venir et de
ses possibles conséquences sontexprimées dans la littérature spécialisée.[13]
5. Qu?en est-il de la croissance économique ?
La
concentration de gaz carbonique, qui est passée de 280 ppm (part par million)
il y a cent ans à environ 379 ppm de nos jours, est étroitement corrélée à
l?utilisation de combustibles fossiles dans les pays industrialisés. Comme
l?affirment les experts de l?IPCC :
« La
poursuite des émissions de gaz à effet de serre au rythme actuel ou au-dessus
provoquerait un réchauffement supplémentaire et entraînerait de nombreux
changements dans le système climatique mondial au cours du XXIe
siècle, dont les effets seraient très probablement plus importants que les
effets observés au cours du XXe siècle. »[14]
Cependant,
certains scientifiques affirment que, dans la mesure où notre « mode
de vie occidentalisé » devra radicalement changer dès que l?ère du
pétrole touchera à sa fin, les combustibles fossiles ne seront pas brûlés assez
rapidement pour atteindre une concentration de CO2 de 600 ppm.[15]
En 2004, la
population mondiale atteignait presque 6,5 milliards d?habitants. Les
combustibles fossiles et la biomasse utilisés par l?humanité ont occasionné des
émissions d?environ 29 000 millions de tonnes de CO2[16]. Cela représente environ 4,5 tonnes de CO2 par an et par
personne. Les pays industrialisés, ou plutôt les pays riches de l?OCDE, soit à
peu près 20 % de la population mondiale, ont émis la moitié du total de CO2,
soit environ 11,5 tonnes par personne. Parmi ces pays, les Etats-Unis ont
contribué à hauteur d?un total de 6000 millions de tonnes par an, ce qui
représente approximativement 20,6 tonnes par habitant. En comparaison, la
production de CO2 par personne et par an était de 20 tonnes pour le
Canada, 9,8 tonnes pour l?Allemagne et 5,4 tonnes pour la Suisse. Ces chiffres
doivent être comparés à ceux de pays moins industrialisés qui émettent une
quantité bien inférieure de CO2 par personne : 3,8 tonnes pour la
Chine, 1,2 tonne pour l?Inde, 0,8 tonne pour le Pakistan et 1,8 tonne pour le
Brésil. Une liste complète de la production de CO2 par personne peut
être consultée en note[17]. Ces statistiques montrent
clairement qui porte la responsabilité des changements climatiques observés. En
plus de ces chiffres alarmants, notons que le gaz carbonique émis aujourd?hui
devrait rester plus d?une centaine d?années dans l?atmosphère. Par conséquent,
même à supposer que notre consommation de combustibles fossiles demeure
constante, la concentration de CO2 dans l?atmosphère devrait
augmenter au cours des décennies à venir jusqu?à 450 ppm au minimum.
En se
basant sur des prévisions basiques des émissions futures de CO2, les
modèles climatiques peuvent être utilisés pour prédire la température moyenne
globale. Selon ces modèles, cette dernière devrait augmenter de quelque 1,8 à 4
degrés Celsius d?ici à 2100 (mais dans une fourchette d?incertitude allant de
1,1 à 6,4?). Pour se faire une idée de ce que cela représente, il suffit de se
rappeler que les températures estivales record atteintes en Europe centrale en
2003 étaient d?environ 2 à 3 degrés supérieures aux normales saisonnières.
Tout
d?abord, rappelons que personne ne sait ce qui va se passer et que les erreurs
liées aux modèles sont importantes. Il se peut que même l?augmentation de
température 5 degrés souvent citée en exemple soit trop faible par rapport à la
dure réalité et que certains scénarios catastrophes ne soient pas à exclure.
Par exemple, une augmentation d?environ huit degrés Celsius pourrait causer la
fonte de la couverture de glace de l?Antarctique, provoquant une montée du
niveau de la mer de plusieurs mètres, contraignant plusieurs milliards de
personnes à émigrer, le tout dans des conditions inimaginables. De tels
changements de température pourraient aussi causer la fonte du permafrost
présent dans l?hémisphère Nord, sous lequel une énorme quantité de méthane, un
gaz à effet de serre très important, est emprisonnée au-dessous du terrain
gelé. Ce gaz serait alors libéré dans l?atmosphère et la température
augmenterait de façon encore plus drastique. Suite à cela, la vie pourrait
devenir impossible dans quelques zones de la planète.
En guise de
réponse à cette question, il n?est possible de donner que des pistes de
réflexion. Cependant, compte tenu des observations et des conséquences extrêmes
que pourrait avoir le changement climatique et des incertitudes liées aux
modèles, il semble qu?il ne reste pas beaucoup de temps pour agir au niveau
mondial contre les changements climatiques attribuables à l?homme.
Peut-être
l?humanité devrait-elle appliquer des standards similaires à ceux que l?on
trouve dans d?autres domaines de la société ! Par exemple, un nouveau
médicament n?est mis sur le marché qu?après une série de tests très stricts
destinés à vérifier ses effets secondaires. En reprenant la même idée pour
l?utilisation des combustibles fossiles, on pourrait dire que l?autorisation de
les utiliser devrait être liée à la preuve que ceux-ci n?ont pas de
conséquences néfastes pour le climat.
Une façon
plus radicale d?exprimer cette idée est de dire que l?humanité ne devrait pas
être autorisée à jouer avec le climat avant d?avoir pu évaluer les conséquences
de ses actes, un peu de la même manière que les parents disent à leurs enfants
« pas touche ! » lorsque ces derniers s?approchent d?une
prise électrique.
Le
protocole de Kyoto[18] est un accord cherchant à réduire
les émissions de CO2 dans les pays industrialisés à la valeur
qu?avaient ces dernières en 1990. Cependant, même s?il est pleinement accepté,
ce n?est un secret pour personne que ce protocole ne devrait avoir qu?un effet
marginal sur la production mondiale de gaz carbonique. En effet, si le
protocole atteignait son but, la concentration en CO2 augmenterait
encore pour atteindre le double du niveau qu?elle avait avant l?ère
industrielle. La conclusion d?un tel accord a pourtant une valeur symbolique
très élevée, dans la mesure où une acceptation de ce texte et la mise en oeuvre
d?un changement de comportement proposé au niveau planétaire représenterait une
première dans l?histoire de l?humanité. Des mesures plus sévères pourraient
être introduites par la suite.
Le traité a
été négocié en 1997 et son application a commencé en 2005 suite à la
ratification du protocole par la Russie en 2004. Cependant, peu de mesures
efficaces ont été mises en oeuvre pour diminuer les émissions de CO2.
Peu de pays sont prêts à faire les efforts nécessaires pour diminuer la
consommation de combustibles fossiles, dans la mesure où les problèmes les plus
urgents des sociétés industrialisées, comme le chômage, sont liés au manque de
croissance et que le retour à la croissance s?accompagne traditionnellement
d?une augmentation de l?utilisation des combustibles fossiles.[19]
Avec cette
question, nous entrons dans le domaine de la fiction, des rêves ou des
cauchemars.
Avant de
répondre à cette question, rappelons les points développés auparavant :
1.
Le
climat mondial se réchauffe.
2.
Les
modèles climatiques montrent que ce changement peut être imputé à l?utilisation
de pétrole, de gaz naturel et de charbon dans les pays industrialisés.
3.
Les prédictions
pour les années à venir sont très préoccupantes et des catastrophes régionales
sont à craindre.
4.
Notre
attitude d?aujourd?hui aura des conséquences à long terme pour toute la
biosphère et influencera les conditions de vie de nombreuses générations à
venir.
Seule une
petite minorité de gens pense à appliquer une solution radicale au problème du
changement climatique. Ces gens demandent en substance que les pays
industrialisés diminuent leur consommation de combustibles fossiles de manière
à réduire les émissions mondiales de CO2 aussi vite que possible. Un
exemple de proposition « radicale modérée » pour ces
vingt-cinq prochaines années serait d?imposer une réduction de moitié des
émissions de CO2 d?ici à 2025. Cet objectif pourrait être atteint en
diminuant de 2 % la production annuelle de CO2. Cela est-il
réalisable compte tenu du fait que la population mondiale est en train
d?augmenter d?environ 70 à 80 millions de personnes chaque année ?
Une
approche scientifique du problème (!) serait de dire que la consommation dans
les pays riches devrait être réduite au cours de ces vingt-cinq prochaines
années, de manière à ce que leur production par personne devienne comparable à
celle de pays comme l?Inde par exemple. Les pays en voie de développement devraient
quant à eux stabiliser leur consommation. Ce scénario impliquerait pour les
États-Unis et les autres pays industrialisés une réduction d?émissions de 10 %
par an durant les vingt-cinq prochaines années...
Il faut
bien se rendre compte qu?une telle décision impliquerait nécessairement une
réduction du confort matériel et ce, pas seulement dans les pays riches.
Cependant, une partie de cette réduction des émissions de CO2
pourrait être obtenue par l?utilisation d?énergies renouvelables. Mais, même en
étant optimiste, une réduction globale drastique de la consommation de biens
matériels semble inévitable dans ce cas-là. Il serait possible de baser de
telles mesures sur le principe du « pollueur-payeur »,
en exigeant que les plus gros consommateurs d?énergie réduisent d?avantage leur
consommation.
Dans
l?esprit de « qui vivra verra », beaucoup de gens se
contentent d?attendre en espérant que les observations faites ne soient pas si
correctes que cela et que les prédictions soient fausses. Ces gens sont
rejoints par un autre type de personnes qui adoptent la position fataliste du « on
ne peut de toute façon rien faire dans la mesure où les hommes sont
mauvais ».
D?autres
encore, principalement des habitants des pays riches, espèrent même naïvement
que les changements climatiques auront des effets positifs sur leur région et
sur leur vie.
Finalement,
n?oublions pas qu?une grande partie de la population mondiale est déjà
confrontée à des problèmes majeurs dans sa vie quotidienne.
Malheureusement,
fermer les yeux sur le problème du changement climatique ne va pas le faire
disparaître et qu?on le veuille ou non, les combustibles fossiles que nous
brûlons aujourd?hui posent et poseront un problème sérieux à l?humanité.
Etant donné
les enjeux liés au changement climatique, peut-on poursuivre cette politique de
l?autruche ? A ceux qui se sentent impuissants, rappelons que même un chemin
de mille lieues commence par un pas.[20]
Michael
Dittmar et Anne-Sylvie Giolo, physiciens